Nouvelle République du 2 mai 2014

 

Indre-et-Loire – Vie associative

On donne du temps, mais on reçoit beaucoup. Françoise Morançais salue chaleureusement ceux qu’elle croise dans les couloirs. Après douze ans passés au sein de la Maison des parents de Clocheville, la vice-présidente en connaît tous les recoins.

Créée en 1995, l’association propose des chambres aux parents et accompagnateurs d’enfants hospitalisés à Clocheville, trop éloignés de chez eux. Ceux-ci peuvent y demeurer autant de temps qu’ils le souhaitent, pour des prix allant jusqu’à 38 € par journée en pension complète. L’association met à disposition trente chambres, simple à triple, réparties sur trois étages.
Convivialité. Au cours de la visite, la bénévole met en avant l’aspect convivial du lieu. L’espace restaurant fonctionne selon une plage horaire spécifique, ce qui permet aux parents de discuter autour d’un repas. Durant les beaux jours, une terrasse autorise également des échanges en toute tranquillité. Par ailleurs, aucune chambre ne possède de télévision : un salon réservé à cet usage réunit les habitants de la Maison.
Stéphane Boucher entame son cinquième séjour à la Maison des parents. Sa fille de deux ans et demi, atteinte d’une maladie des reins, vient régulièrement y partager un repas avec lui. Satisfait de l’accueil, il affirme s’y sentir bien. Selon lui, les occupants de la Maison communiquent davantage au moment des repas : « Avec les familles, nous parlons beaucoup de nos enfants », ajoute-t-il. Stéphane Boucher affirme que le partage des différentes expériences aide les parents à relativiser leur propre situation.
Accueil. La Maison des parents est animée par trente bénévoles, dont la majorité est dévouée à l’accueil des occupants. « Cela semble tellement important d’être disponible », affirme Françoise Morançais. Pour travailler au sein de l’association, chaque bénévole doit être à l’écoute, souriant, mais également posséder de bonnes capacités de gestion. Le personnel réalise une formation une à deux fois par an, au sein de groupes de trvail appelés GAP (Groupes d’analyse de pratique). L’équipe doit sa cohésion à la solidarité permanente qui existe entre ses membres.
Françoise Morançais parle de son engagement comme d’un « enrichissement, une ouverture à l’autre », avant de rappeler que l’association recherche toujours de nouveaux bénévoles.

Chloé Friedmann

 

La Maison des parents solide sur ses bases

14/10/2014 05:38

Philippe Frigeri : « La maison est située dans l’enceinte de l’hôpital, c’est un de nos atouts. » – (Photo NR)
La Maison des parents de Clocheville fêtera l’an prochain ses 20 ans d’existence et affiche une bonne santé due à ses spécificités.

Ce n’est pas le cas de toutes les Maisons de parents, mais celle de Tours est plutôt solide sur ses bases. Ce dont se félicite Philippe Frigeri, président de l’Association des familles de malades hospitalisés (AFMH), qui gère depuis le début la maison de Clocheville. « Cela est dû à certaines de nos spécificités, explique-t-il. Tout d’abord, nous avons la chance de ne pas payer de loyer quand d’autres maisons doivent s’acquitter de loyers annuels de 150.000 euros…»

«  Notre maison est une grande réussite  »

Les murs ont été mis en effet à disposition gracieusement à l’association gérante, la construction étant financée par d’autres associations (en particulier par l’opération Pièces jaunes). « Notre deuxième force, c’est un fonctionnement assuré quasiment uniquement par des bénévoles. Seules les tâches de cuisine et de ménage (et partiellement de secrétariat) sont assurées par des salariés. Nous sommes la seule Maison de parents à ne pas avoir de direction rémunérée. Ces deux éléments permettent de baisser considérablement les charges et d’offrir des tarifs de prestations attractifs. »
La Maison des parents de Clocheville a encore d’autres atouts : « Nous sommes situés dans l’enceinte de l’hôpital, ce qui n’est pas le cas de toutes les maisons de France. » Et quel hôpital ! Un des plus réputés de France pour la prise en charge des enfants malades. On y vient de tout le Grand Ouest, voire de plus loin : « Sur une année, 83 % des familles viennent de la région Centre, de la Sarthe, de la Vienne et des Deux-Sèvres. Mais on a recensé des familles venant de 64 départements : d’Ile-de-France, de l’outre-mer voire de l’étranger. Seules les familles de Tours et de son agglomération ne sont pas admises, sauf quand la mère d’un enfant malade l’allaite. »
Le résultat, c’est qu’en 20 ans, la Maison des parents est devenue une pièce essentielle dans le parcours de soins des enfants. Elle concourt à faire baisser le stress des malades, de leur famille, et même du personnel soignant. De plus, la maison est une des clés du principe d’égalité d’accès aux soins, grâce à ses tarifs modérés.
« On affiche un taux d’occupation de 98 % sur l’année, c’est une grande réussite, estime Philippe Frigeri. Il reste à le faire savoir autour de nous, notamment auprès du monde médical en dehors de la Touraine. »

Maison des parents, 3, place Jean-Meunier, 37000 Tours ; www.maisondesparentsdetours.fr ; tél. 02 47 60 76 60 ; e-mail : afmh@maisonparents-tours.fr

repères

> La Maison des parents de Clocheville est une des 36 maisons adhérentes de la Fédération nationale des établissements d’accueil pour familles d’hospitalisés (FNAEAFH). Elle a signé une convention avec la caisse d’assurance maladie qui concourt au financement de son fonctionnement.
> Depuis son aggrandissement en 2005, elle offre 30 chambres, soit 44 lits.
> Le tarif maximum à la journée en pension complète (petit-déjeuner, repas du midi et du soir) s’élève à 38 €. Il existe quatre tarifs moindres en fonction des ressources des familles. Le moins élevé : 11,50 € par jour en pension complète.
> 35 bénévoles assurent toutes les tâches hors ménage et cuisine, et une présence de 8 h à 20 h les jours ouvrés.
> Sur une année, la maison a réalisé 14.600 nuitées en accueillant 4.500 résidents.
> Les repas sont confectionnés par une socité prestataire mais réalisés sur place, soit une centaine de repas par jour, 31.000 par an.

François Bluteau